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08 mai 2008

Commémoration du 8 mai 1945

1894057774.jpgMessieurs les Maires, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames Messieurs,

 

 La commémoration du 8 mai 1945 a connu bien des vicissitudes depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. En effet dès 1946 face à l’urgence de la reconstruction du pays, le 8 mai est célébré le dimanche le plus proche en 1948 François Mitterrand la décrète non fériée, en 1953 elle devient fériée mais non chômée, supprimée par le Général de Gaule en avril 1959, il la rétabli exceptionnellement à l’occasion du 20° anniversaire en 1965, en 1975 le Président Giscard d’Estaing affirme sa suppression définitive au nom de la réconciliation franco allemande, enfin la loi du 23 septembre 1981 signée du président François Mitterrand rétabli le 8 mai comme jour férié et chômé tel que nous le connaissons jusqu’à aujourd’hui.

 Les aléas qu’a connu cette date dans l’histoire récente de notre pays montre en tout cas que pour des raisons souvent différentes et parfois diamétralement opposées elle semble ne pas avoir fait l’unanimité dans le monde politique. Il est important de rappeler ici qu’à chaque fois les associations d’anciens combattants d’anciens déportés résistants et internés se sont élevés pour maintenir l’importance de cette commémoration. Nous sommes un des rares pays à commémorer cette date, peut être parce que nous avons un rapport particulier à l’histoire, sûrement parce que la force du souvenir est à la hauteur de la souffrance endurée.

 

Il est courant de voir opposés au 8 mai le 11 novembre date anniversaire de l’armistice de la première guerre mondiale qui ne fait l’objet pour l’instant d’aucune contestation. Ce débat n’a pas lieu d’être, au contraire, le drame qui se noue en août 1914 entre la France et l’Allemagne trouve son épilogue le 8 mai 1945 et peut être même le 2 septembre 1945 date de la fin des combats avec le Japon. Cette guerre civile européenne qui se termine dans l’horreur des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki n’est qu’un seul et même drame de ce vingtième siècle.

 

Débutée par l’exacerbation nationaliste des empires centraux  cette guerre civile européenne se termine par la création des nations unies. Aujourd’hui rien ne se fait ou ne se dit qui ne soit rapporté à un concept de mondialisation aussi peu défini qu’il est souvent utilisé.

 

Le 8 mai ne marque pas la victoire d’une coalition sur une autre, mais pour la première fois dans l’histoire la victoire de l’idéal démocratique, humaniste des lumières sur la force brutale, totalitaire, inégalitaire et raciste. C’est donc  une guerre politique dans le sens où l’enjeu a été un affrontement entre des valeurs diamétralement opposées.

Il faut « écraser le serpent dans l’œuf », disait Berthold Brecht. C’est bien cela, la première leçon de l’histoire que nous devons tirer. C’est cela, désormais, notre devoir contemporain. Ne pas laisser le moindre espace au racisme, à la stigmatisation des étrangers, à la désignation des plus faibles et des plus pauvres comme responsables de nos maux, et ce n’est pas un détail de l’histoire, nous sommes là aussi pour le réaffirmer.